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Instagram : la goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Je n’en fais pas un mystère : Instagram et moi, on n’est pas en super bons termes depuis quelques années. Depuis mon petit coup d’éclat, ici même, il y a deux ans, je rongeais mon frein…

De l’intérêt d’Instagram

Instagram est un réseau social conçu pour partager photos et vidéos. Si on s’en tient à sa plus stricte définition, Instagram fait parfaitement le job. On peut effectivement partager facilement sur son compte, de façon privée ou publique, ses photos et vidéos. Qu’on raconte sa vie, ses vacances, ses lectures, son métier, ses créations, ses fringues ou ses recettes de cuisine, peu importe, il y a de la place pour tout et tout le monde. Là encore, rien à redire ! On a bien toute liberté de s’exprimer, dans la limite des règles de savoir-vivre sur Internet (si on ne chipote pas trop).

Mais où est le problème alors, ma petite dame ?

Victime de son succès

Je ne vais pas radoter, mais… Au départ, quand on postait sur Instagram, tous les followers pouvaient le voir dans leur fil d’actualité. Mais quand la foule a massivement investi les lieux et que les influenceurs ont émergé du lot, quelqu’un a eu la très judicieuse idée de trier les contenus. Et c’est là que les algorithmes ont commencé à dicter leur loi. Je vous invite à (re)lire mon article de mai 2019 pour tenter de comprendre comment ça fonctionne. Et ce fut le début de la fin.

Car au simple plaisir de poster s’est substituée la nécessité d’optimiser pour être visible. Certains s’en sortent haut la main, jouant le jeu avec enthousiasme et d’autres, sans forcément comprendre pourquoi, se sont retrouvés à la ramasse. Pas besoin de vous faire un dessin, j’ai toujours été dans le deuxième groupe. Oh, bien sûr, j’ai essayé de poster au bon moment, la bonne photo, avec les bons hashtags. Mais d’une part, ça porte rarement ses fruits, mais surtout, ça me saoule puissance un milliard. Mais s’il n’y avait que ça…

Monstera

> A lire : Instagram, je ne t’aime plus ! Je te quitte ?

Mais pourquoi s’obstiner alors?

La logique, le bon sens ou que-sais-je encore voudrait que si je ne suis pas contente, je prenne mes clics et mes claques et que j’aille voir ailleurs. Dans la théorie, pourquoi pas. Dans la réalité, ça ne marche pas comme ça, ce n’est pas aussi simple. Fin mai 2019, j’avais pris la radicale décision d’abandonner mon compte (@nellyglassmann) sur le bord de la route et de repartir avec un autre flambant neuf (@lesprojetsfantastiques). Affranchie de mes casseroles instagrammesques, je pensais faire table rase de mes frustrations. Bilan de ces deux années ? Rien n’a changé (non, non, rien n’a changé, tout, tout a continuéééé). Pardon.

Si j’ai persisté deux ans de plus, c’est parce qu’au delà de tous les aspects négatifs primait le plaisir de partager et de découvrir, de s’inspirer mutuellement. Ça, c’est beau et Instagram ne peut rien y changer. Enfin, à peu près. Et puis, soyons honnête, en tant que slasheuse créative, je peux difficilement snober les plateformes qui mettent en avant la créativité, comme Pinterest et Instagram. Parce que ma créativité, malgré tout, se porte à merveille, et encore plus ces derniers mois ! Et heureusement que ce bon vieux blog est toujours là ! Mais je m’égare.

Instagram : un réseau de plus en plus malsain

Depuis le début d’année, mon ras-le-bol était perceptible. J’ai tout tenté : le silence pendant un mois, les publications minimales, et le retour à la quasi normale. Je voyais de moins en moins les publications des comptes auxquels je suis abonnée, mais toujours plus de suggestions « parfaites » ou promotionnelles. Le documentaire Social Dilemma (Derrière nos écrans de fumée) m’a beaucoup aidée à mieux appréhender le nœud du problème. Ce ne sont pas des attitudes de gamine boudeuse, c’est une vraie rébellion contre un outil qui ne nous veut pas du bien. Vous trouvez normal d’être manipulé pour consommer toujours plus du réseau social et bouffer de la pub toutes les trois photos ? Ça ne vous choque pas que les suggestions de comptes à suivre soient toujours plus pertinentes ? Que les publications de l’onglet Recherche soient pile poil dans vos goûts ? Que ça envoie du rêve, du bisounours, de la paillette jusqu’à en frôler l’overdose ? Personnellement, j’ai fini par admettre que c’était plutôt sain, de s’en offusquer.

Instagram nous connaît visiblement trop bien, et c’est flippant. Parce qu’on va ainsi passer plus de temps sur l’appli, à scroller sans fin, à liker sans passion, entre deux posts sponsorisés. Et parlons-en, de la pub. Ciblée, agressive, persistante. En ce moment, Instagram et Facebook veulent me convaincre d’investir dans les culottes menstruelles. Et j’ai droit à toutes les marques, tous les jours, tout le temps, depuis plusieurs semaines. Les règles ne sont pas un sujet tabou, mais franchement je n’ai pas envie qu’on m’en parle au milieu des aquarelles et autres cousettes qui m’intéressent vachement plus. Et parlons de cette notification Instagram qui m’a dit hier: « donnez-nous votre avis sur votre expérience d’achat avec Cultura ». Hein ? Mais comment Instagram sait que je suis allée chez Cultura la semaine dernière et que j’ai dépensé mes précieux euros ? C’est juste un hasard ? J’en doute. Ça m’a achevée. Bon, en fait, pas tout à fait car j’avais déjà pris ma décision il y a quelques semaines…

Coucher de soleil sur mon salon

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Je l’attendais depuis si longtemps, cette goutte d’eau. Celle qui m’inciterait enfin à réagir d’une manière ou d’une autre. A prendre une décision.

C’était fin avril, j’étais à la fin d’une séance photo pour l’association dans laquelle je m’investis depuis quelques mois. Quelqu’un a dit, en parlant plutôt de Facebook, qu’il fallait éduquer l’algorithme pour qu’il nous montre les contenus qu’on veut voir. Eduquer un enfant, d’accord. Un animal de compagnie, passe encore. Mais un foutu algorithme ? Vous pensez vraiment que je n’ai que ça à faire de ma vie, éduquer des algorithmes pour qu’ils soient gentils avec moi, et fassent correctement ce que j’attends d’eux ? A savoir voir (les gens que je suis) et être vue (de ceux qui me suivent) ? Ah ah ah.

J’ai trouvé ça tellement pathétique. On en est donc arrivés là ? A devoir éduquer un algorithme qui nous pourrit la vie (oui, toute proportion gardée avec les vraies problématiques de nos vraies vies). Une lumière s’est allumée ce jour-là dans mon blond cerveau : ce ne sont définitivement pas mes valeurs.

Mais alors, on fait quoi ?

Il paraît qu’il ne faut jamais dire jamais. Alors je suis parfaitement en accord avec moi-même pour ne pas dire « Instagram, plus jamais ! », ni même claquer la porte avec fracas en disant qu’on ne m’y reverra plus. Mais ça ne m’empêche pas de me sentir désormais libre d’aller voir ailleurs. Mais où ? Big question !

L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Les autres réseaux, comme Facebook ou Pinterest, ça reste l’usine à algorithmes, le supermarché à pubs invasives, la norme esthétique imposée de l’influence. Mais ce n’est pas ce que je veux. Ce n’est plus ce que je veux.

Les choses auraient pu en rester là, c’est-à-dire nul part, si je n’étais pas tombée par hasard sur un logiciel de réseau social open source gratuit. Pas de nécessité à vous cacher les choses, ça s’appelle Humhub. Comme je suis curieuse, j’ai testé en huit clos (avec moi-même et moi-même) la version de démonstration, et ça m’a carrément donné envie d’en faire quelque chose. Rien de révolutionnaire, c’est un réseau de publication textes/photos, avec des profils perso et des espaces partagés (des groupes) et un fil d’actualité pour suivre tout ça. Le tout disponible en version web ou progressive web app.

Si vous ne le savez pas encore, j’adore tester de nouvelles choses. Si j’ai une idée, je la tente. Que ça marche (tant mieux) ou que ça plante (tant pis), c’est une expérience enrichissante. Et ça marche autant pour les sites web que les loisirs créatifs !

Aquarelle cachée

Do more of what makes you happy

Faire plus de ce qui me rend heureuse, c’est mon mantra depuis 2017. Et ça me réussit. Parce que j’ai pu prendre mes distances avec beaucoup de choses qui n’étaient pas favorables à mon équilibre, tout en consacrant plus de temps et d’énergie à ce qui me faisait du bien. Les loisirs créatifs, évidemment, tiennent un rôle de premier choix dans ma vie. Et c’est sans doute pour ça que je m’accroche autant à l’idée de pouvoir partager cette bonne énergie, positive et bienveillante.

Le projet « Inspirées »

Alors voilà, j’ai installé Humhub sur mes serveurs et créé un sous domaine de Quelle Bonne Idée pour l’url. Parfois, il ne faut pas se compliquer la vie pour essayer quelque chose… Le fait est que j’ai désormais un réseau communautaire gratuit à proposer, sans pub, sans algorithme. Je peux vous dire que ça en laisse, de la place, pour publier sans contrainte, pour partager avec passion, pour s’inspirer avec envie. Moi, en tous cas, ça correspond vraiment à ce que j’ai envie de faire/dire. Je suis ainsi impatiente de partager plus spontanément mes process créatifs. Et tant pis si mes photos sont moins belles que sur les versions « finies » de mes activités créatives, ça importe bien moins que le plaisir de faire rayonner les idées !

Bref, ça s’appelle Inspirées, parce que le féminin l’emporte, parce que la créativité aura le dernier mot et parce qu’à plusieurs, on va plus loin.

https://inspirees.quellebonneidee.fr/

Mais du coup, on peut faire quoi sur Inspirées ?

  • Sur son profil : partager pour soi d’abord, et ensuite pour ses abonnés, textes et photos de ses créations (DIY, déco, food), mais aussi de ce qui nourrit votre inspiration, comme un journal de bord.
  • Sur les espaces communs : partager avec les autres textes et photos sur un thème bien précis, mais aussi interagir avec eux. L’idée est de lancer des challenges créatifs autant que des thèmes plus universels.
  • Sur le profil des autres membres :  suivre, liker et commenter

Rien de révolutionnaire, je le redis, c’est juste différent dans son fonctionnement. Plutôt que des hashtags, la possibilité à toute personne d’être visible dans les espaces communs. Plutôt qu’une tyrannie de l’influence, aucun impact à liker sans raison une publication, elle n’en sera pas plus visible. Liker ou ne pas liker un contenu doit être un acte convaincu et honnête.

Et puis, si ça prend, j’espère bien pouvoir faire évoluer cette plateforme. Et si ça ne marche pas, j’aurai été heureuse de concrétiser cette idée. Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs : d’abord, il faut que vous ayez envie de donner une chance à cette alternative à Instagram (qui d’ailleurs, n’implique absolument pas de quitter Instagram, les deux ne sont pas incompatibles !). Il n’y a qu’en essayant qu’on sait si ça marche.

Alors… vous me suivez ? 🙂

Inspirées

Bon à savoir :

En se rendant à l’adresse : https://inspirees.quellebonneidee.fr/ depuis votre mobile, une popup en bas de l’écran devrait vous proposer d’installer l’application associée.

Une particularité d’Inspirées, c’est aussi de limiter la taille des fichiers uploadés sur la plateforme. Je pense qu’un usage plus responsable des réseaux sociaux, en limitant leur volume de données et de ce fait leur pollution numérique, c’est aussi indispensable !

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