Tissage

Tissage : comment bien choisir ses pelotes de laine ?

La tentation est grande, quand on fait ses premiers pas en tissage mural, de craquer sur toutes les jolies pelotes de laine qui nous passent devant les yeux… Il faut dire que l’offre est vaste : grosses laines fluffy, fils de toutes les épaisseurs, palettes de couleurs à tomber, paillettes et dorures… On trouve de tout, pour tous les goûts, et tous les budgets. Mais attention  à ne pas tomber dans le piège. Si vous ne voulez pas encombrer vos placards tout en vidant votre compte en banque, lisez mes précieux conseils…

Laines jaune moutarde

Quelles laines acheter pour débuter en tissage ?

Pour moi, il y a 3 critères pour bien choisir :

  • La couleur
  • L’épaisseur
  • La texture

Je vais les détailler un par un après. Mais retenez bien ceci : un tissage contemporain réussi, c’est le juste équilibre de ces trois critères. Ainsi, quand je prépare une sélection pour un nouveau tissage, je vérifie bien à chaque fois que mon choix est cohérent, autant dans la palette de couleurs, que les différentes épaisseurs de fils, et leur texture. Cela évite également de se disperser, et de dépenser à tort et à travers.

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De la couleur, avant tout !

C’est le premier critère auquel on pense quand on parle des pelotes de laine. Je vais écarter les tissages monochromes ou minimalistes, qui sont des partis pris créatifs très forts. Aujourd’hui, ici, on parle du tissage pour débuter ou pratiquer. L’apprentissage, ça passe aussi par l’appréhension des teintes, et la façon dont elles vont interagir dans le tissage.

Je recommande de s’attacher, au départ, à une palette de 4 à 5 couleurs. Dont du blanc. Le blanc, de mon point de vue, c’est indispensable en tissage. Pourquoi ? Tout simplement parce que ça va attirer la lumière et sublimer les autres couleurs. De même, ça va apporter du contraste et donc de la profondeur au tissage. Qu’on le choisisse froid (blanc de blanc) ou chaud (ivoire), c’est une base incontournable à avoir dans son stock.

Nuances de laines blanches

Nuances de laines blanches

Pour bien choisir son blanc, il faut regarder la teinte dominante du tissage. Que ce soit du rouge, du rose, du bleu ou du vert, si on hésite, on peut regarder du côté des compositions monochromes (camaïeu) ou analogues (3 teintes voisines sur la roue chromatique) . Si on part sur du bleu, on peut imaginer un bleu ciel, un bleu marine et un bleu nuit. Ou bien du bleu foncé, du bleu azur et du vert émeraude. Ne négligez pas le gris, le beige et le marron, qui s’accordent également très bien !

4 adresses pour acheter tout son matériel de tissage mural

Et après le blanc et la(les) teinte(s) dominante(s), je vous recommande, si ça s’y prête, de chercher une dernière couleur pour trancher. Utilisée avec parcimonie, sur de petites zones, cette teinte va dynamiser le tissage. Par exemple, un peu de jaune moutarde sur un tissage à dominante bleu/émeraude sera du plus bel effet !

Tissage : comment bien choisir ses pelotes de laine ?

Choisir trop de couleurs différentes dans son tissage, c’est prendre le risque de faire « carnaval ». Plus le tissage sera chargé, plus il sera compliqué « à lire ». C’est son sens de l’esthétique qui sera aussitôt affecté… Sans parler de la difficulté à l’associer à une décoration.

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Jouer avec les épaisseurs

Quand on choisit une couleur pour son tissage, ça ne veut pas dire se satisfaire d’une seule et unique pelote de cette couleur. Non, non, non ! Et c’est justement notre deuxième critère : l’épaisseur ! Des plus fines aux plus épaisses, les laines sont caractérisées par un numéro d’aiguilles. En tissage, on ne va pas travailler avec des laines en dessous de 3, en général, à moins de les doubler ou tripler. Mais j’y reviendrai. En revanche, on peut aller jusqu’à des laines très très épaisses, souvent dédiées à l’arm-knitting. C’est le cas de la Phil Big de Phildar ou la The Wool de We are Knitters. Grâce à elles, on peut faire de superbes « effets fluffy », des nuages moelleux !

Tissage mural de Nelly Glassmann

Bref, si on commence par le blanc, on va choisir une à trois pelotes de laine blanche, une basique (aiguille n°3 en général) et une ou deux plus épaisses.

Laines blanches

Pareil pour la teinte dominante. On ne va pas forcément avoir deux ou trois fils d’épaisseurs différentes pour chaque couleur choisie. Mais si on reprend l’exemple d’une gamme bleue, on pourrait avoir une pelote épaisse de bleu ciel, une pelote fine de bleu nuit, une pelote moyenne de bleu nuit, et une pelote fine de bleu marine. L’important, c’est de varier les épaisseurs, vous l’aurez compris !

Bon à savoir : si vous avez essentiellement des laines fines (aiguille n°3) dans votre stock, pas de panique. On peut jouer sur les épaisseurs en doublant ou triplant ses brins de laine en tissant. Accessoirement, ça permet aussi de tisser plus vite…

Une couleur, deux épaisseurs

La texture, l’atout charme du tissage

On a évoqué la couleur des pelotes de laine, l’épaisseur des fils. Il manque la texture, qui se situe entre les deux ! Cette texture n’a pas d’une finalité au toucher. Visuellement aussi, elle va apporter du caractère au tissage. Mais, c’est quoi, une laine texturée ? Et bien, c’est exactement l’inverse d’une laine fine et lisse, c’est ce qu’on appelle aussi les laines fantaisies ! Souvent, elles ont l’air improbables à tricoter. Mais en tissage, c’est tout l’inverse ! On peut vraiment s’amuser avec !

Et comme une image vaut mieux qu’une dissertation sur ce sujet en particulier, voici quelques pelotes texturées :

Laines fantaisies, pour le tissage

Laines fantaisies, pour le tissage

Pas de surenchère dans la texture ! On se contentera d’une à deux laines texturées, notamment du côté du blanc et de la teinte dominante, au milieu d’autres pelotes plus « simples ». Cela évitera de surcharger le tissage.

Une laine blanche texturée, simple mais qui apporte du caractère !

Une laine blanche texturée, simple mais qui apporte du caractère !

Voilà, vous savez tout. Couleur, épaisseur, texture… Il n’y a plus qu’à composer vos premiers assortiments !

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En résumé

Pour ne pas se disperser, on commence par investir dans quelques pelotes blanches, de différentes épaisseurs et textures. Puis on se décide pour une première palette de couleurs, 3 ou 4, en s’attachant à les trouver également en plusieurs épaisseurs, et certaines en version texturée. Et quand on a fait un ou deux tissages avec, on refait l’exercice pour compléter son stock !

Les laines « pas chères », ça vaut le coup ?

Limiter ses dépenses ne veut pas dire acheter n’importe quoi. Ainsi, les laines qui affichent les prix les plus bas sont souvent les moins qualitatives (même s’il y a des exceptions !). En tissage, ça va surtout impacter le visuel : les laines de mauvaises qualité offrent vraiment un rendu cheap, brillant et très synthétique. C’est notamment le cas des laines proposées en solderies, qui en plus, ne sont pas forcément toujours moins chères… Bref, on évite, sauf pour les franges… Très gourmandes en laine, les franges demandent pas mal de longueurs de laine. Pour limiter les frais tout en veillant à garder un beau résultat, je mixe des laines « premier prix » avec des laines plus « premium ».

Tissage mural de Nelly Glassmann

Mes deux références préférées, à moins de 2 euros la pelote, et pour un bon rapport qualité/prix, c’est :

  • la Charly de Phildar, 100% acrylique. Certaines couleurs sont plus brillantes que d’autres, mais ça reste une valeur sûre à 1,70 euros.
  • la laine Sostrene Grene 100% coton 8/4. Elle est Oeko-tex et coûte 1,82 euros.
Laines fines Sostrene Grene

Différentes coloris de laine de chez Sostrene Grene

Les laines trop chères, on les oublie ?

La laine Phil Big de Phildar coûte 25 euros. La The Wool de We are Knitters coûte 18 euros. La laine Yvette XXL de Maille Name Is (Kesi Art) 14,90 euros. Un sacré budget à première vue, et à la deuxième aussi. Mais il vaut savoir qu’on n’utilise pas énormément de ces belles pelotes à chaque tissage. Leur achat représente donc un investissement, certes, mais qui va vraiment durer dans le temps. Pour éviter les regrets, je vous recommande vivement de vous offrir l’une de ces pelotes en blanc. C’est une valeur sûre, de même que le gris ou beige, car ça va avec tout !

L'impressionnante laine Phil Big de Phildar

L’impressionnante laine Phil Big de Phildar

Évidemment, ce ne sont pas les seules références qui existent. J’aime bien la laine Essentials Super Super Chunky de Rico Design (à 7,80 € chez Perles & Co), un peu moins quali que la We Are Knitters, un peu plus fine, mais le rapport qualité/prix reste très bon ! Chez Rico Design, en un peu plus fin, et dans une autre texture, j’adore la Essentials Big (3,95 € chez Perles & Co, toujours). En safran, je l’utilise énormément !

Laines Essentials Big de Rico Design

Laines Essentials Big de Rico Design

Et autre référence top chez Phildar, moins chère que la Phil Big, c’est la Phil Big Wool à 12 euros.

Globalement, les 3 marques que je recommande (et chez qui j’achète toutes mes laines), c’est :

  • Phildar (pour le grand choix de couleurs et les textures fantaisies)
  • Rico Design (pour les textures et épaisseurs, en plus des coloris très tendance)
  • Sostrene Grene (pour les laines fines proposées dans de nombreux coloris)

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